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Je suis chez moi

Quand la nuit tombera, je me souviendrais de la douce mélodie des vagues. Du chant des marchands. De la douceur du sable sous mes pieds. Je me souviendrais de ces sculptures au bord de l’eau. Du temps presque figé. Je repenserais à cette recherche de profondeur, de large, de cette envie d’aller toujours plus loin. 

Il est loin le temps du soleil sur ma peau. De ce gout salé au bout de mes lèvres. De cette unité avec l’intensité et les profondeurs de la mer. 

Comme il est loin le temps de l’innocence et de l’enfance. Il a glissé sur mon corps, il s’est perdu dans mon esprit. Et je me suis laissée transporter loin de chez moi. 

Quand vais-je enfin pouvoir rentrer à la maison ? 

À l’aube me voilà debout, la tête haute, les yeux ouverts sur mon monde. Je suis là. Loin du tumulte de la houle, loin des oiseaux proches du rivage. Je suis dans les prairies, dans les champs. Des chemins pavées de pierres. J’ai voyagé, j’ai découvert de nouveaux horizons. J’ai aimé si fort, jusqu’à m’aimer moi. 

Mon esprit se libère. Il est grand, heureux, et il se refuse de rester immobile. Mon corps se remet à danser. Le gout au bout de mes lèvres est celui de la vie. Je ne suis plus sûre de rien, j’ai arrêté de me raconter des histoires. Je suis comme sur cette plage il y a dix ans. Je suis chez moi.

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